Abécélire Littérature française Nouveautés

Le coq ne chantera plus – Géraldine Sommier-Maigrot

Hugo est mort. (Extrait)

Hugo Dorcasse est retrouvé mort, le crâne fracassé à coup de pierres. Quelques jours plus tôt, le coq du voisin, trop matinal avait été assassiné dans les mêmes circonstances… Que se passe-t-il ? Serait-ce l’oeuvre d’un tueur solitaire ? Peu importe, Célia, l’épouse du défunt ne veut pas en parler et ne semble pas affectée..

Pour mieux comprendre, petit retour en arrière avant l’incident… Célia subit les violences conjugales de la part d’un époux trop inquiet d’assouvir son besoin de domination, une sorte de revanche sur le sentiment d’infériorité qu’il ressent au travail. Elle essaie chaque jour de ne pas le provoquer pour éviter les coups.

Il devient violent quand on le contrarie, je le sais pourtant. C’était de ma faute, je n’aurais pas dû l’asticoter. (Extrait)

Célia se sent fautive et a besoin d’un regard extérieur pour y voir plus clair. Elle voit en Faustine une aide providentielle, une oreille attentive. Les deux femmes se plaisent dès le premier instant.

L’échange de regards qui traversa les deux femmes tissa comme un lien entre elles, un lien déjà solide qui ne demandait qu’à s’intensifier. (Extrait)

Géraldine Sommier-Maigrot parle avant tout d’une histoire d’amitié entre deux êtres au tempérament différent. Tout semble les opposer, pourtant leurs histoires respectives les rapprochent. Célia veut protéger à tout prix son enfant de son géniteur. Faustine malheureuse en couple veut échapper à son quotidien. Il est aussi question de survie de deux femmes aspirant à une once de bonheur, quitte à tout plaquer pour l’une, et pour l’autre, vivre sereinement sans homme.

Alors quand Hugo meurt, leur amitié n’en est que plus renforcée. Célia va t-elle se libérer de ses chaînes ? Si seulement elle n’était pas suspecte…Et si elle n’est pas coupable, qui a tué son mari ? Le propriétaire du coq, un promeneur, un habitant du village, Faustine ? La seule certitude est qu’Hugo est mort dans les mêmes circonstances que le coq.

Et ce n’était donc pas dans la validité des alibis qu’il fallait chercher, mais plutôt dans les mobiles. (Extrait)

Les mots sont souvent source de bien des maux surtout quand il s’agit de dessiner les souffrances quotidiennes qu’elles soient physiques ou morales. Ceux de Géraldine Sommier-Maigrot sonnent et résonnent dans l’esprit de chaque lecteur grâce à son regard plein de compassion et d’humanité. Le coq ne chantera plus, Hugo Dorcasse non plus.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *