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Pour solde de tout compte – Les Défenseurs – Cymone

Elsa, jeune quadragénaire, n’a que son travail pour subsister aux besoins de sa petite famille. Lorsqu’elle perd son emploi, tout s’écroule.

Comment une femme divorcée avec deux enfants à charge pourrait-elle surmonter toutes ces épreuves ? (Extrait)

Quand on a affaire à l’humain, rien n’est simple. Les salariés, en apparence solidaires, n’ont qu’un seul objectif, sauver leur peau. Dans cette lutte pour conserver son emploi, le « chacun pour soi » prime avant tout et face à l’adversité, nous ne sommes malheureusement pas tous égaux.

Sans compter que l’ascenseur social serait plus souvent réservé aux hommes. Les femmes emprunteraient plutôt les escaliers et graviraient les échelons marche après marche ! Elsa (…) était réduite en miettes dans un gros broyeur, un genre de moulinette dont la manivelle était habilement tournée par le grand patron. Avec cruauté, il l’écrasait et la regardait s’enfoncer dans son « destructeur du personnel ». (Extrait)

Dans cette bataille, Elsa ne se sent pas assez soutenue par son entourage. Malgré le dévouement sans limite de son amant, elle se sent abandonnée, en marge de la société. Animée par le désir de survivre, elle sollicite David Lefénec, charmant défenseur syndical prêt à la défendre et à faire valoir ses droits auprès de son employeur.

Mais qui répond à l’appel au secours des chômeurs ? Qui les écoute et les conseille ? Qui leur redonne la force de rester debout et l’envie d’être digne ? » (Extrait de la préface d’Edouard Martin, ex-député européen)

Officiellement au chômage, Elsa traque le moindre petit emploi. Elle décroche un premier CDD (les CDI se font si rares), emploi précaire dans une société qui ne respecte pas son personnel.  A-t-elle le choix ?  Sa très grosse perte de revenus et ses mauvaises conditions de travail finissent de l’anéantir.

La misogynie et le masochisme faisaient partie intégrante du règlement intérieur. C’était le retour du droit de cuissage et de la France des années 30 ! (Extrait)

Dans ce roman, tiré de faits réels et s’appuyant sur le droit des salariés, Cymone évoque avec émotion, la place des femmes dans la société d’aujourd’hui et aussi l’exploitation des salariés (hommes et femmes) contraints à des emplois sous-payés et épuisants. 

A travers les yeux d’Elsa et de David, l’auteure fait ressurgir le spectre des plans sociaux qui plane au-dessus des têtes des salariés appartenant à la sphère du privé. On rit et on pleure avec Cymone, mais on ne s’ennuie jamais !

2 Comment

  1. Commentaire laissé par un lecteur sur EDILIVRE:
    J’ai été entrainé par cette histoire, celle d’une femme, Elsa, qui se bat contre le destin pour survivre : mère séparée, seule avec deux enfants, des parents peu compréhensifs, un amant qui ne veux pas divorcer, le chômage qui menace.
    Dans son univers professionnel, c’est une lutte à mort qu’elle doit mener. Dans l’entreprise restructurée, d’où elle est licenciée, elle affronte l’arbitraire (pourquoi elle?), le regard gêné des collègues et le discours mielleux de son supérieur.
    Quand elle réussit à trouver un nouveau contrat, il est à durée déterminée avec une perte conséquente de salaire, malgré les promesses faites à l’embauche, des horaires sans fin et un patron despote.
    Et puis, il y a cette agression de quatre collègues ivres qui s’en prennent à elle, en plein bureau, sans que personne réagisse. Ainsi, elle est victime, non seulement de conditions de travail éprouvantes, mais, en plus, de son entourage professionnel masculin.
    Cet acte n’est que le haut de l’iceberg de la misogynie ambiante qui apparait dans plusieurs scènes du livre.
    Alors, elle se bat, avec le soutien de son amant, mais, surtout d’un conseiller syndical.
    J’ai découvert cette fonction, car elle est très bien présentée dans le livre, au travers de plusieurs situations. Cela donne une dimension différente de l’action syndicale et montre à quel point celle-ci est indispensable pour faire respecter ne serait-ce que le droit ! Les salariés sont totalement démunis face à l’entreprise qui, évidemment, ne se gêne pas pour les abuser, au mépris, parfois, de la législation et, souvent, de leur dignité.
    Le livre se lit facilement car l’histoire est prenante, le style fluide et l’auteure évite toute complaisance ou pitié.
    Ce regard de femme sur le monde du travail, mais, également, sur les rapports humains dans notre société, les éclaire sous un jour différent et c’est très riche d’enseignements.

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