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Le goût de la vie – Eloïse Besson-Damegon

Je ne passe jamais par quatre chemins pour dire ce que je pense (Extrait)

A l’image de son caractère bien trempé, Eloïse nous parle sans filtre de son anorexie et ce qui l’a amené à ne plus aimer son enveloppe corporelle. 

Certaines personnes rencontrées dans la vie peuvent influer notre univers émotionnel consciemment ou inconsciemment. Et c’est bien ce qui est arrivé à Eloïse. Elle qui se sentait bien dans son corps et dans sa tête a vécu des expériences humaines qui l’ont profondément affectée. Même si le harcèlement est bien ancré dans l’inconscient collectif, il n’est pas envisagé à sa juste valeur quant aux dégâts occasionnés dans l’épanouissement d’une jeune adulte en devenir. 

Une seule remarque suffit à mettre à mal son équilibre mental fragile. Eloïse a voulu disparaître, ne plus exister aux yeux des autres pour ne plus avoir à subir leurs regards inquisiteurs, leurs remarques maladroites sur son aspect physique.

Je voulais simplement qu’on m’oublie. (Extrait)

Oui, elle a voulu maigrir, pratiquer le sport à outrance pour perdre les quelques grammes qui s’accrochaient tant bien que mal à ce corps qu’elle ne supportait plus.  Et alors ? Comment s’en sortir quand une petite voix intérieure lui dit de tout contrôler et la pousse à ne pas se voir telle qu’elle est. Son reflet dans le miroir devient une obsession.

L’entourage familial et amical bien qu’animé de bonnes intentions avec ses inquiétudes légitimes, accroît la culpabilité chez un anorexique. Ce qui le pousse à mentir pour ne pas inquiéter et pour ne pas alimenter les conversations. Ça va aller, la situation est sous contrôle !!! Sauf quand c’est son corps tout entier qui le domine. L’hôpital reste la dernière alternative quand un malade n’arrive pas ou ne veut pas s’en sortir mais il ne doit pas être la seule solution.

Même si la voie de la guérison est longue et parsemée d’embûches, Eloïse a réussi à faire taire cette petite voix intérieure autodestructrice en restant chez elle. Elle a touché le fond mais n’en avait-elle pas besoin pour remonter à la surface et éviter de se noyer ? Du haut de ses 23 ans, elle nous livre un témoignage bouleversant sans basculer dans le pathos. Elle ne parle pas de guérison mais plutôt d’une prise de conscience comme une prise de poids. Forte de son expérience, elle appréhende désormais la vie mieux que personne pourrait ou n’aurait pu le faire.

Si vous croisez Eloïse ne lui dites ce qu’elle devrait faire pour aller mieux, demandez-lui simplement comment elle va. Chaque jour passé est un pas de plus vers sa reconstruction.

Ça ne sert à rien de gâcher le présent en s’occupant du futur qui n’est pas encore là. (Valérie Valère)

2 Comment

    1. C’est grâce à des personnes comme Eloïse que l’on mesure le long chemin parcouru de celles et ceux qui subissent cette maladie. Et non il ne suffit pas de manger pour aller mieux !!

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